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jeudi 25 février 2010

« LE LIBAN ET L’ESPACE ECONOMIQUE EURO-MEDITERRANEE »

Résumé de l’intervention de M. Henri Guaino,
Conseiller spécial du Président de la République française


J’adresse au Liban le salut fraternel de la France. J’ai déjà participé au Forum Francophone des Affaires à l’occasion du Sommet de la Francophonie en 2002 car pour moi la Francophonie c’est aussi l’économie, la création de richesse.

Nous nous réunissons ici car ce qui se joue au Liban et au Moyen Orient est d’une importance capitale si nous voulons réussir à faire de la Méditerranée un foyer de paix et de civilisation, pas seulement pour la région mais pour le monde. Et parce qu’un choc des civilisations entre l’Occident et le monde arabo – musulman serait suicidaire.

Tous les défis sont liés, qu’ils soient économiques, écologiques ou culturels et si nous ne faisons rien à l’heure où la vielle lutte entre la barbarie et la civilisation reprend, la partie sera perdue. C’est ce que nous essayons de faire avec l’Union pour la Méditerranée.

La Méditerranée n’est pas un théâtre secondaire mais primordial et nous devons être capables de construire un monde méditerranéen qui ne doit pas être une ligne de fracture entre le Nord et le Sud. Ce monde où l’idée même de civilisation dans laquelle tous les hommes se reconnaissent a été fondée et qui fut le berceau du capitalisme a un rôle énorme à jouer dans l’avenir d’un capitalisme qui doit être plus responsable.

La Méditerranée ne doit pas être une économie entre deux mondes mais, comme au temps de la Renaissance, une économie monde telle que conceptualisée par Braudel.
La crise économique et financière que nous vivons doit nous conduire à remettre en question le modèle de pensée unique néolibéral qui est une impasse. Ce type de mondialisation a échoué et les peuples réclament plus d’intervention de l’Etat. L’aplatissement culturel et linguistique du monde est un appauvrissement.

Pour Porter, auteur américain du livre sur l’avantage concurrentiel des nations, celles-ci ne peuvent construire un tel avantage à travers l’imitation mais en mettant en valeur leurs propres atouts. Il faut exploiter ses talents propres, partir de ce qu’on est. Soit nous arriverons à concilier ouverture et diversité, soit nous favoriserons les crispations identitaires.

On a commis la faute de croire que tout était technique, que si tout le monde parlait la même langue on n’aurait pas de problème de communication. Or la Renaissance a été favorisée par le passage de la transmission du savoir à travers une langue unique, le latin, à une transmission par le biais de plusieurs langues, nécessitant un effort enrichissant de traduction et d’adaptation.

Même en économie tout n’est pas technique, comme en témoigne la dérive des marchés financiers et la folie du « flash trading » (cotation instantanée des valeurs), comme si la valeur réelle d’une entreprise pouvait varier d’une seconde à l’autre ! En confondant la richesse avec son signe on a perdu de vue que la finalité de l’économie n’est pas simplement le profit mais c'est l’homme. La politique économique ne se réduit pas à la science économique. Il nous faut donc redéfinir la mesure de la performance économique et la France a pris l’initiative de proposer la formation d’une commission d’experts internationaux ayant pour mission d’y réfléchir.
La crise que nous vivons n’est pas seulement technique. Il s’agit d’une crise de valeurs.
Dans ce contexte l’UPM est une porte ouverte vers un meilleur avenir. Il s’agit de faire travailler ensemble des peuples souvent antagonistes autour de projets concrets dans une vision entrepreneuriale. La crise de Gaza ayant perturbé le processus, certains ont proclamé son échec. Mais en définitive aucun pays ne s’en est retiré.

Parmi les projets à l’étude figure la création au Liban d’un centre Méditerranéen de la recherche scientifique.
L’UPM n’a pas seulement une mission économique et écologique, elle est aussi politique. De toute façon la question politique est là. Le président Sarkozy a pris l’initiative de proposer dans le cadre de l’UPM une réunion de tous le pays concernés pour discuter de la paix au Moyen-Orient dans un esprit de respect et pas sous la tutelle des grandes puissances.

Dans le combat pour l’idéal de la diversité défendu par l’UPM et la Francophonie le Liban est un exemple pour le monde entier. Exemplaire à cet égard est aussi la belle histoire de Léon l’Africain racontée par Amine Maalouf.

Ne nous y trompons pas, l’histoire du monde est entrain de basculer. La dictature des marchés est incompatible avec la démocratie. On est passé au bord du chaos et on ne peut pas continuer comme avant.

jeudi 4 février 2010

« LE LIBAN ET L’ESPACE ECONOMIQUE EURO-MEDITERRANEE »

Session : Les Industries Culturelles
Intervention de Mme Mona Maki, productrice - audiovisuelle Espace Francophone



Tout d’abord, je voudrais remercier le Forum Francophone des Affaires qui me permet de m’exprimer devant vous. Je voudrais rendre hommage au Liban et aux Libanais qui aujourd’hui, dans le cadre des VIème Jeux de la Francophonie, accueillent l’avenir de la Francophonie. Voir mon pays après tant et tant d’épreuves revenir au devant de la scène et rejouer ce rôle spécifique au sein de la Francophonie me comble de joie et de fierté.
Je voudrais aussi vous parler de notre aventure, de l’aventure que je vis avec René Gallet depuis plus de 25 ans et qui n’est pas une industrie mais un artisanat passionnant, un artisanat culturel qui s’appelle Espace Francophone.
Au fil des ans, l’espace francophone a réussi à développer concrètement une démarche qui lui est propre. Au fil des ans, notre magazine a su triompher des obstacles pour impliquer les professionnels des chaînes de TV, notamment celles du Sud, dans la conception, le tournage et jusqu’au montage à Paris d’une émission consacrée à leur propre pays.

Au fil des ans, nous avons réussi à faire d’Espace Francophone l’outil des regards croisés des partenariats égalitaires et une fenêtre si rare des images du Sud sur les écrans du Nord.

Au fil des ans, Espace Francophone est devenu un véritable réseau mondial soudé par une langue partagée et fondé sur une vision égalitaire et solidaire de la coopération.
Malgré les moyens dérisoires comparés aux coûts parfois insolents dans l’univers de la production audiovisuelle, Espace Francophone a su prouver que la stratégie de levier est considérable pour assurer à la fois le dialogue et la qualité.

Aujourd’hui Espace Francophone est diffusé sur un grand nombre de chaînes. Il est devenu un rendez vous hebdomadaire fidélisé par des milliers de téléspectateurs sur tous les continents. Un rendez vous avec les gens, les entrepreneurs, les créateurs de la Francophonie. C’est un miroir qui permet de faire rayonner les mille facettes des traditions, des cultures, des œuvres et des spectacles de notre communauté planétaire, d’entrer dans l’intimité de la vie quotidienne des francophones et de connaitre leurs aspirations, leurs luttes, leurs espoirs.

Même si je suis d’accord avec les gardes fous qu’il faut trouver, l’avènement d’internet et la révolution numérique ouvrent de nouveaux horizons. Ils ont vocation d’abolir la hiérarchie discriminatoire que le centre exerce depuis longtemps sur la périphérie.
Malgré une fracture informatique Nord-Sud encore trop importante, il devient pratiquement envisageable d’échanger le produit culturel et de dynamiser un dialogue si malmené, d’espérer voir les espaces de connaissance se réduire et de par là même favoriser la reconnaissance mutuelle. En cela Espace Francophone est déjà largement positionné dans cette nouvelle aire d’échange et de culture.

Et maintenant en tant que Libanaise, je voudrais vous parler de ma vision de la Méditerranée dans cet espace francophone.
La Méditerranée n’est pas le Vieux continent, c’est notre premier monde, la matrice de notre histoire.

C’est une géographie vivante aux frontières mouvantes et dont les richesses sont l’objet de toutes les convoitises et de toutes les hégémonies.

La Méditerranée est un espace presque clos où se pose avec acuité le problème du clivage Nord-Sud, qu’il s’agisse des écarts croissants de développement, de la connaissance de l’autre, ou des flux d’information presque exclusivement dirigés du nord vers le sud.

Avant l’intégration marchande il est urgent de réussir l’intégration des valeurs et d’œuvrer pour une meilleure connaissance mutuelle où l’information a un rôle majeur à jouer.

La Francophonie, présente tout autour du bassin méditerranéen et fondée sur le respect de la diversité et des identités culturelles des peuples qui la composent ; la Francophonie, adossée aux nouvelles technologies du savoir et de la communication, s’impose comme un acteur majeur pour favoriser cette intégration et faire de la Méditerranée un espace d’échanges culturels et économiques, un espace de paix et de dialogue des cultures.

mercredi 20 janvier 2010

Mot d’ouverture de S.E Tarek Mitri représentant du Président de la République Libanaise S.E.Michel Suleiman

Notre réunion aujourd’hui au sein du campus de l’Ecole Supérieure des Affaires et dans le cadre de la Francophonie autour du thème le Liban et l’espace économique Euro Méditerranéen, témoigne de l’intérêt que vous portez à la Francophonie et plus particulièrement à sa dimension économique dans cette région du monde

Je suis persuadé que l’ambition de promouvoir et développer cet espace contribue non seulement à créer des richesses mais à encourager toutes les parties de cette région à œuvrer pour une paix véritable, une paix qui se construit dans le respect des principes de justice et de droit international.

Votre projet de mettre ensemble des décideurs économiques des entreprises et des consommateurs ne peut que renforcer les liens d’amitié et les intérêts communs des peuples de la Méditerranée.

C’est ensemble, qu’on pourra construire cet espace de paix, de justice, de croissance et de stabilité.

Je sais que la Francophonie n’est pas une institution financière à l’instar du FMI ou de la Banque Mondiale mais en tant qu’organisation internationale elle peut jouer un rôle déterminant sur la scène mondiale.

Une communauté de pays qui non seulement ont la langue française en partage mais une vision du monde qui se construit à parti de valeurs communes.

La famille francophone est appelée à intensifier la conservation entre ses membres pour témoigner d’une présence forte au sein de l’ONU, de l’Unesco, de l’UPM et autres instances internationales afin d’y promouvoir le bien commun.

Face à la grande crise économique et financière que connait le monde aujourd’hui, je souhaite que vous puissiez apporter votre part de réflexion, que votre colloque soit un grand succès dans la poursuite non seulement de votre réflexion mais de votre œuvre dans le domaine de la coopération économique mais aussi dans le travail afin de mettre en valeur les principes et les normes qui nous permettrons de moraliser notre système économique et financier.

vendredi 2 octobre 2009

INTERVENTION DE GEORGES CORM (résumé)

La francophonie peut-elle être porteuse d’une nouvelle vision économique pour l’ensemble euro-méditerranéen ?


Mesdames, Messieurs,

Dans un monde tourmenté par une globalisation libre-échangiste aveugle, travaillé par une recherche échevelée de profits largement détaché de l’économie réelle, la maison francophone est plus que jamais une grande famille, un espace de langage commun amical et complice.

Ce qui dort au sein de chaque francophone, c’est le patrimoine humaniste des Encyclopédistes français, c’est la recherche de la fraternité humaine et la lutte contre les inégalités. Rien n’entamera, je pense, cette filiation avec tous ces grands humanistes, ni la résonance de la devise révolutionnaire et républicaine de la liberté, de l’égalité, de la fraternité.

Aussi, vivons-nous des années charnières où plus que jamais notre maison francophone, comme demain peut-être cet autre grand projet de construction méditerranéenne qu’est l’Union pour la Méditerranée, doit rester cette demeure refuge de tous les amoureux de valeurs humanistes.

Faut-il rappeler ici, puisque le thème de l’économie nous réunit aujourd’hui, que les valeurs de solidarité économique ont aussi caractérisé la culture économique francophone. Qu’il me soit permis d’évoquer à cette occasion, cette grande figure qu’a été l’Abbé Louis Lebret, qui avec François Perroux, a prêché toute sa vie l’économie solidaire et que nous retrouvons aujourd’hui sous le slogan du développement durable.

Louis Lebret a marqué durablement toute une génération par le travail exemplaire qu’il a accompli au Liban, sous l’égide du Général Chéhab, président de la République libanaise entre 1958 et 1964. Hélas, le travail de ces deux grands hommes pour une économie plus solidaire, pour un développement équilibré de toutes les régions du Liban, fut vivement combattu par l’absence de générosité et de vision de certains milieux d’affaires et d’une partie de la classe politique, craignant de perdre les assises traditionnelles de son pouvoir.

Le modèle social européen que l’on vante à nouveau, en ces temps de crise économique, et notre patrimoine francophone nous offre une boite à idées et à outils qu’il ne faut pas hésiter à employer.
Sur ce plan, l’Union pour la Méditerranée, jaillie de la démarche dynamique du président Nicolas Sarkozy, aurait intérêt à se pencher sur la nature du tissu socio-économique des pays méditerranéens où prédomine au nord comme au sud la PME. C’est ce tissu qui est le plus créateur d’emploi dont il faut nourrir l’expansion à condition que le poids de l’économie de rente, de corruption, de trafic d’influence, qui domine dans trop de pays du sud de la Méditerranée, ne lui ferme pas la route du développement.

Dans nos économies, de ce côté de la Méditerranée, trop souvent les taux de profits très élevés du secteur bancaire, du secteur foncier de luxe et du secteur de la grande distribution commerciale ou du secteur des télécommunications qui attirent beaucoup les investissements étrangers, barrent la route à une meilleure diversification des investissements, sur le plan sectoriel comme géographiquement où les investissements fonciers sont concentrés dans les grandes villes ou sur les côtes à caractère touristique.

De plus, trop souvent jusqu’ici, la libéralisation des marchés a entraîné un renforcement des structures oligopolistiques des économies du sud de la Méditerranée, concentrées entre les mains de quelques hommes d’affaires puissants et les membres de leur famille. Aussi, le monde rural a-t-il été délaissé, abandonné à lui-même, sans la moindre protection sociale, ce qui a provoqué des flux massifs d’exode, d’abord vers les capitales, puis vers l’émigration, parfois pour les plus pauvres, dans des conditions dramatiques où ils perdent leur vie en traversant notre belle Méditerranée.

De plus, dans le domaine industriel une certaine passivité technologique a limité l’expansion de l’industrie aux industries traditionnelles de transformation exigeant peu d’investissements lourds et pouvant faire l’économie de dépenses de recherche et développement. Les efforts massifs faits en matière de généralisation de l’enseignement et de développement de l’enseignement universitaire n’ont porté que des fruits limités, en l’absence de politiques dynamiques de création d’emplois qualifiés dans les services à haute valeur ajoutée ou dans les secteurs de haute technologie.

Les espoirs mis dans le processus de Barcelone pour exercer un effet d’entraînement sur les économies du sud de la Méditerranée et engager une dynamique de convergence des niveaux de vie entre les deux rives ne se sont réalisés que très partiellement. Les succès nombreux de mises à niveau institutionnelles ne doivent pas cacher l’échec relatif dans la dynamisation des économies réelles, surtout lorsque l’on constate les réalisations des autres pays émergents en Asie du sud-est ou en Amérique latine.

Il y a donc un modèle économique, un style de développement, qui sont à repenser en Méditerranée du sud et il faut espérer que l’Union pour la Méditerranée pourra constituer cette enceinte de réflexion économique dont nous avons tant besoin. De nombreuses institutions d’étude et de réflexions existent d’ailleurs, tels que l’Institut méditerranéen de Marseille, l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen à Paris, et bien d’autres en Italie et en Espagne.

Il y a donc une synergie fructueuse à créer entre les Assises économiques de la Francophonie, l’UPM et le réseau dense de ces institutions d’études et de recherches méditerranéennes pour promouvoir des dynamiques nouvelles de développement et de coopération.
Je pense sur ce plan que la Francophonie, en particulier, doit jouer un rôle éminent dans cette redéfinition des politiques économiques et des formes de coopération. Je pense surtout que la Turquie, les pays arabes méditerranéens, la Grèce, l’Italie et l’Espagne et, bien sûr la France, devraient être plus sollicités, que ce soit au niveau de la Francophonie ou de l’UPM ou des deux à la fois, pour des rencontres de réflexion sur l’état de l’économie des pays de la rive sud et les moyens d’assurer cette convergence économique, jusqu’ici introuvable, entre les deux rives.

Contrairement à une opinion répandue, ce n’est pas l’apaisement des conflits politiques qui déchirent le Moyen-Orient méditerranéen qui est susceptible d’ouvrir la voie à une meilleure dynamique économique. Mais plutôt, c’est un changement de modèle et de style développement qui supprimerait les larges poches de pauvreté, ainsi que le fort taux de chômage des jeunes, et assurerait une répartition plus juste des revenus et une dynamisation des économies locales.
Il ne faut donc pas que les conflits politiques ou militaires paralysent le travail économique de l’UPM. Aussi, je pense que la Francophonie devrait user de toute son influence pour initier cette réflexion économique vitale pour l’avenir de notre Méditerranée. Elle augmenterait son prestige et son influence, tout en aidant l’UPM à mieux centrer sa vocation et sa politique.

La Francophonie économique, au-delà de sa nécessaire vocation de Forum des Affaires doit être aussi cet espace de réflexion économique et sociale et de promotion de la solidarité sous toutes ses formes, fidèle en cela aux principes moraux et éthique de l’économie politique et au patrimoine de l’Eglise en matière d’économie qui rejoint d’ailleurs sur plus d’un plan l’éthique économique islamique.

Je formule donc le souhait, pour terminer, que nous soyons tous mobilisés pour une renaissance économique, technologique et scientifique, de l’ensemble du bassin méditerranéen et que vos assises annuelles soient toujours l’occasion de repenser de façon constructive et imaginative l’économie du bassin méditerranéen.


DISCOURS D'OUVERTURE - MME REINE CODSI - PRESIDENTE FFA/CNL

Monsieur le représentant du Président de la République S.E. le ministre Tarek Mitri,
Messieurs les Ministres, Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le conseiller spécial du Président Sarkozy Henri Guaino
Monsieur le conseiller spécial du secrétaire General de la Francophonie Oussama Payé
Monsieur le président international du Forum Francophone des affaires Steve Gentili
Messieurs les représentants des instances économiques,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

C’est avec une grande émotion et beaucoup de fierté que j’ai le plaisir de vous accueillir aujourd’hui dans le cadre de ce colloque consacré au « Liban et l’espace euro-méditerannée ».

En effet, Le Liban, par son appartenance géopolitique au Monde Arabe et par son ouverture à la civilisation occidentale, le Liban, qui « est et doit rester, selon l’expression du Président Nicolas Sarkozy, le plus beau creuset des civilisations et des religions », illustre si bien cet espace ouvert de dialogue et d’échanges, thématique essentielle de nos débats aujourd’hui.

Fondée en 1970 autour du partage d’une langue commune, le français, répartie sur les 5 continents, appartenant à la fois à des pays développés et à des pays en voie de développement, la Francophonie donne la preuve et l’exemple d’une coopération sans frontières.
Aujourd’hui elle regroupe 70 États et gouvernements – soit, plus du tiers des États membres des Nations Unies.

Si sa mission au départ était surtout d’ordre politique et culturel, elle s’est dotée par la suite d’une dimension économique.
Dimension consacrée par le Sommet de Québec en 1989 et qui donne naissance au Forum Francophone des Affaires, seule institution officielle reconnue par le sommet des chefs d’états et de gouvernements francophones.

Les travaux du colloque, que le comité libanais du Forum Francophone des Affaires organise aujourd’hui, ont pour objectifs :

- de faire le point sur la dimension économique de la Francophonie

- d’analyser les opportunités et les défis auxquels est confronté l’espace économique francophone, dont les pays membres appartiennent à des ensembles économiques différents, accusant de grandes disparités de richesse

- de voir s’il existe une complémentarité entre la vocation de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) et le partenariat euro-méditerranéen

- et enfin, d’évaluer le rôle et le potentiel de développement des industries culturelles dans le cadre de l’espace économique francophone

Ces axes de réflexion sont en parfaite adéquation avec la vocation du FFA une vocation consistant à développer les échanges économiques et à partager les compétences et les savoirs faire entre les pays membres de l’espace francophone. Sans oublier que l’une des fonctions-phares du FFA, à savoir la mise en réseau des entreprises des pays francophones, ambitionne aussi de véhiculer auprès des dites entreprises, les valeurs de partage, de développement durable et d’éthique.

Quel rôle pour le Liban, « pays message », de surcroît porteur des valeurs impérissables, universelles de la Francophonie, dans la partie méditerranéenne de cet espace francophone ? Telle est la question à laquelle vont aussi tenter de répondre nos intervenants.

Je vous remercie encore de votre présence et je me réjouis d’avance des échanges d’idées, sûrement prometteurs, qui naîtront à cette occasion,

Bienvenue à Beyrouth !

Reine Codsi
Présidente du Forum Francophone des Affaires-Comité libanais