mercredi 23 novembre 2011

Programme du colloque des 28 et 29 novembre à l'ESA sur le theme"Pour une Gestion durable de notre Territoire"

  SEANCE D’OUVERTURE                        Lundi 28 Novembre 2011                                         15h30–16h30
                                Mots de bienvenue
*        Stéphane Attali, Directeur Général de l’Ecole Supérieure des Affaires (ESA)
*        Reine Codsi, Présidente du Comité National Libanais du Forum Francophone des Affaires (FFA)
*        Patrick Barraquand, Secrétaire Général de l’Union pour la Méditerranée (UPM)
*        Khalil Karam, Représentant personnel du Président de la République Libanaise pour la Francophonie
*        Fadi Georges Comair, Président honoraire du Réseau Méditerranéen des Organismes de Bassin (REMOB)
*        SEM. Denis Pietton, Ambassadeur de France au Liban

Première séance : Politiques Méditerranéennes de développement durable                     16h30–17h30

Eau, Energie, Environnement, Alimentation, Réchauffement Climatique, Urbanisation, Biodiversité
                Président de séance : Walter Mazzitti, Président du Comité Directeur du SEMIDE (Système Euro-
                                méditerranéen d’Information sur les savoir-faire dans le Domaine de l’Eau)
Modérateur : Roula Majdalani, Directeur, Division du développement durable et de la productivité - ESCWA

L’approche du Développement Durable par les décideurs méditerranéens :
*      Gilles Pennequin, Responsable Développement territorial, Responsable-adjoint Développement durable, Mission Union pour la Méditerranée (UPM)
*        Pierre Roussel, Président de l’Office International de l’Eau (OIEau)
*        Ali Moumen, représentant de la FAO au Liban

Deuxième séance : Economie Verte et Secteur Privé                                                                          17h30–18h30

                                Economie Verte : Développement durable dans l’entreprise
                                Président de séance et modérateur : Armand Pharès, Vice-Président du Comité National Libanais du FFA
17h30–17h45         Raphaël Debbané, Président du Comité Agricole de la Fédération des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture du Liban : « Les entreprises et l’environnement »
17h45–18h00        Fouad Zmokhol, Président du Rassemblement de Dirigeants et Chefs d’Entreprises Libanais (RDCL) : « L’intégration du développement durable dans les entreprises »
18h00–18h15        Fady Gemayel, Président du Syndicat  des Industries papetières : « Les Industries papetières au Liban : état des lieux et perspectives » 
18h15–18h30        Cathy Chami Tyan, Editeur en Chef de World Environment Magazine, Consultante en communication auprès de BankMed pour les projets environnementaux : « La communication au service de l’environnement »

Clôture              SEM. Nazem El Khoury, Ministre de l’Environnement  

19h00                 Cocktail



                                                EAU, ENERGIE, AGRICULTURE
Première séance :                                          Mardi 29 Novembre 2011                                                     09h00–13h30
Thème 1 :         L’Eau dans l’Environnement : Mécanismes de soutien à la gestion intégrée durable
Président de séance : Fadi Georges Comair, Président honoraire du Réseau Méditerranéen des  Organismes de Bassin (REMOB)
Modérateur : Wajdi Najem, Vice-recteur de l'Université Saint-Joseph (USJ)
09h00–09h15       Barbara Tomassini, Projet SWIM-SM (Sustainable Water Integrated Management - Support Mechanism) : Mécanisme de soutien à la gestion intégrée durable de l'eau
09h15–09h30       Joubrane Ouechec, Senior Executive VP CEMME, Near East/Qatar, Suez Environnement : Les eaux conventionnelles : projets d’infrastructure
09h30–09h45       Nicolas Hasbani, Responsable du Bureau d’Etude de Veolia au Liban et au Moyen-Orient : Les eaux non conventionnelles : eaux usées et réutilisations
09h45–10h00       Nicolas Remy-Hurst, PDG de  BETERSON WATER : Les Résurgences d’eau de mer
10h00–10h15        Discussion
 

Thème 2 :        Vers un nouveau modèle d’empreinte écologique en Méditerranée
Président de séance et modérateur: Hervé LAINĖ, Président Académie de l’Ethique – France
10h15–10h30        Fadi Georges Comair, Président honoraire du Réseau Méditerranéen des Organismes de Bassin (REMOB)
10h30–10h45        Pierre Roussel, Président de l’Office International de l’Eau
10h45–11h00        Discussion
11h00                  Pause-café

 

Thème 3:          Implantation des projets d’énergie renouvelable et durable
                Président de séance : Naïm Ouaïni, Assistant du Recteur à l’Administration Publique, Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK)
Modérateur : Mounir Douaidi, Directeur Général SOLIDERE
11h15–11h30        Georges Kamar, SOGREAH : Plan directeur général pour l’Hydro Electricité : Aspect production et micro hydraulique
11h30–11h45        Hassane Jaber, Vice-Président de l’ALMEE (Association Libanaise pour la Maîtrise de l’Energie et pour l’Environnement) : Soleil et Vent : Ressources pour mieux gérer la demande
11h45–12h00       Adel Mourtada, Expert International en Efficacité Energétique et Energie Renouvelable : Energétique du bâtiment durable
12h00–12h15       Mazen Khoury, Partenaire, Stratégie & Finances, IEG -Integrated Energy Group : Défis et Opportunités liés aux Bâtiments Ecologiques Intelligents au Moyen-Orient

12h15–12h30        Discussion



 

Thème  4 :       L’Agriculture  durable 
                Président de  séance et Modérateur : Adel Cortas, ancien Ministre de l’Agriculture
12h30–12h45        Riad Saadé, Directeur Général du CREAL (Centre de Recherche et d’Etudes Agricole Libanais) : L’Agriculture durable
12h45–13h00        Salim Sarraf, Expert auprès de la FAO : La Rationalisation des pratiques agricoles
13h00–13h15         Kamal Mouzawak, Président et fondateur de Souk el Tayeb : L’attrait du Bio
13h15                      Discussion
13h30–15h00                     Déjeuner

Deuxième séance                                          Mardi 29 Novembre 2011                                              15h00–16h45

Thème 1 :        Eco-Tourisme
                                Président de séance et Modérateur : Ibrahim Tabet, Secrétaire Général du Comité National Libanais du FFA
15h00–15h15         Raoul Nehmé, Président Jouzour Loubnan : Afforestation au Liban
15h15–15h30         Rima Tarabay, Vice-Présidente Bahr Loubnan : Etude de cas : "Vers un projet sociétal libanais, l'Environnement durable: une nouvelle citoyenneté"
15h30–15h45         Pierre Doumet, Président Association pour la protection du Jabal Moussa, PDG Cimenterie Nationale : « Jabal Moussa, réserve de biosphère de l’Unesco – mythe et réalité »

15h45–16h00        Discussion




 
                               
Thème 2 :        Place et rôle des universités dans l’éducation du développement durable
Président de séance et Modérateur : Stéphane Attali, Directeur ESA
16h00–16h15        Jean Paul Amat, Paris Sorbonne (Paris IV) : Eclairage
16h15–16h30        Jeannette Prétot, Présidente de l'Ambassade de l'Eau :  Etude de cas: Logiciel STRATEAU
16h30–16h45        Discussion
16h45             Conclusion et Recommandations

                                Fadi Georges Comair, Président honoraire du Réseau Méditerranéen des Organismes de Bassin (REMOB)
                                Roger Nasnas, Président du Conseil Economique et Social
                                SEM. Nicolas Nahas, Ministre de L’Economie et du Commerce
                               



mercredi 19 octobre 2011

Pour une gestion durable de notre territoire

Colloque organisé par le Forum Francophone des Affaires
du 28 au 30 novembre 2011
à l’École Supérieure des Affaires

mardi 28 juin 2011

L'actualité francophone du Liban

L'actualité francophone du Liban par le comité Liban du Forum Francophone des Affaires

Le Liban et l’Egypte, futurs membres de Finances & Conseil Méditerranée (FCM)

Après la France, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, le FCM compte agrandir son réseau avec des experts libanais et égyptiens. Selon le site d’actualité économique Econostrum, le FCM est le premier réseau méditerranéen des professionnels du chiffre, du droit et du conseil. Fort d’une centaine d’experts, le groupe se réunira prochainement au Maroc pour traiter de la thématique des énergies renouvelables.

Une coopération économique renforcée entre le Liban et la France

Le conseil d’administration de l’Association des industriels libanais et les attachés commerciaux de l’ambassade de France se sont entretenus afin de dynamiser leurs coopérations économiques. Selon le site économique Iloubnan le Forum Liban qui se tiendra en France à l’automne 2011 a pour objectif de dynamiser les entreprises libanaises et les entreprises françaises qui travaillent avec le Liban.

Le Liban à l’honneur au festival international du film de Cannes

La présence libanaise à Cannes cette année est le fruit de la collaboration du ministère du Tourisme et du ministère de la Culture. Ilouban rapporte que l’équipe du film “Et maintenant, on va où ?” de Nadine Labaki, en sélection officielle à Un certain regard a reçu la visite de son Excellence le Ministre du Tourisme du Liban. Ce dernier a insisté sur le caractère exemplaire de la participation du Liban au festival de Cannes, fruit de la collaboration de deux équipes ministérielles d’obédience politique différente. Le Ministre souhaite s'impliquer dans le cinéma afin de développer l’image de son pays et de générer de nouvelles recettes pour l'Etat. Dès lors une coopération franco-libanaise serait envisagée.

mardi 21 décembre 2010

Déjeuner-débat organisé par le Comité National Libanais du Forum Francophone des Affaires (FFA)

En l’honneur de SEM. Denis Pietton
Ambassadeur de France au Liban
Thème du débat : « Relations France – Liban : un point de situation » 
 SEM Denis Pietton,Mme Reine Codsi Présidente FFA,M.Armand Pharés vice Président FFA
À l'initiative du Forum francophone des affaires (FFA) - section Liban, un déjeuner-débat a été organisé hier à l'hôtel Le Bristol, en présence notamment de l'ambassadeur de France au Liban, Denis Pietton, et d'un grand nombre d'hommes d'affaires libanais et français, ainsi que de représentants de la société civile. À cette occasion, M. Pietton a mis l'accent sur la solidité des liens économiques entre le Liban et la France, indiquant, en parallèle, l'existence de nombreux projets en gestation qui devraient, à l'avenir, dynamiser davantage les relations bilatérales. « La France est aujourd'hui le deuxième partenaire commercial du Liban (...) Les échanges et les investissements franco-libanais revêtent un caractère particulier, favorisé par des habitudes de consommation communes aux deux pays, notamment dans le domaine du luxe », a-t-il souligné, en allusion aux récentes implantations d'enseignes françaises haut de gamme au centre-ville de Beyrouth (dont Boucheron, Louis Vuitton et Hermès).
La présence française compte d'ailleurs aujourd'hui 85 implantations au Liban, dans divers domaines, a ajouté Denis Pietton. Celles-ci emploieraient près de 5 000 personnes, selon un rapport français.
Quant aux échanges commerciaux entre les deux pays, ils ont totalisé, en valeur, 1,72 milliard de dollars en 2009, en hausse de 20,3 % par rapport à 2008 (1,4 milliard de dollars), et de 109,8 % par rapport à 2006 (824 millions de dollars). Si cette hausse substantielle découle en partie de l'appréciation de l'euro face au billet vert, auquel la livre est indexée, il n'en reste pas moins que le volume des échanges a lui aussi progressé, soutenu, entre autres, par la livraison progressive de 11 Airbus à la Middle East Airlines (MEA).

Les investissements directs en baisse
Sur le front des investissements directs, la France est toutefois en recul par rapport aux années précédentes, a avoué l'ambassadeur de France qui a imputé cette baisse « aux aléas politiques mais aussi à certaines mutations sur le marché, comme le retrait de France Télécom ».
« Le stock des investissements directs étrangers (IDE) en provenance de France s'élève aujourd'hui à 150 millions d'euros - un niveau bien en deçà de celui atteint en 2002 », a ainsi précisé Denis Pietton.
Il y a huit ans, les investissements français directs avaient totalisé près de 500 millions d'euros, reculant progressivement à partir de 2006, sur fond de tensions politiques et sécuritaires à l'échelle locale et de tumultes financiers sur le plan international.
Quoi qu'il en soit, « nous assistons aujourd'hui à des implantations majeures » sur le marché local et « à une multiplication d'événements et de manifestations susceptibles de renforcer nos liens économiques », comme en témoigne l'organisation du Salon « La France au Liban, qui s'est tenu en mars dernier, et qui sera suivi en octobre prochain par un événement-miroir » sous le thème Le Liban en France, a tenu à souligner Denis Pietton.
L'ambassadeur de France s'est d'ailleurs voulu rassurant quant à l'avenir des relations entre les deux pays, aussi bien sur le plan économique qu'au niveau politique ou culturel, révélant à cet égard l'existence de moutures de projets communs qui impliqueraient à terme Aéroports de Paris et Électricité de France (EDF).

Bachir El-Khoury
Orient Lejour


mercredi 29 septembre 2010

Intervention de SEM. François Barras, Ambassadeur de Suisse au Liban

Intervention de SEM. François Barras, Ambassadeur de Suisse au Liban
à l’occasion du déjeuner-débat organisé par
le Comité National Libanais du Forum Francophone des Affaires (FFA)
le mardi 8 juin 2010 à l’hôtel Le Bristol



« La communication en langue française à l’heure de la globalisation :
les exemples du Liban et de la Suisse »


Madame la Présidente,
Messieurs les Ministres,
Chers Collègues,
Excellences,
Chers Amis du Forum Francophone des Affaires,

J’aimerais tout d’abord remercier Reine de m’avoir invité à partager quelques réflexions avec vous sur la communication en langue française, un thème qui me tient particulièrement à cœur. Etant moi-même francophone, amoureux de la langue française, je constate qu’il y a de plus en plus de publicité en anglais au Liban et c’est une chose qui m’interpelle.

J’ai travaillé aux Etats-Unis, au Mexique, en Chine, à Dubaï et c’est la première fois que je suis en mission dans un pays de langue française. Je suis d’un pays où le français est parlé par plus du quart de la population. Etant moi-même très attaché à la langue française, je me réjouissais beaucoup de venir ici. J’ai toujours considéré les Libanais un peu comme nos cousins d’Orient grâce au partage de la langue française.

Mes enfants et nous-mêmes avons toujours eu des amis libanais et je suis arrivé ici en me sentant un peu à la maison. Ce que j’ai vu, c’est un pays où une partie de la population était très attachée à la langue française ; mais j’ai vu aussi les résultats de la globalisation. J’ai vu un pays qui s’éloigne peu à peu de l’Europe pour se rapprocher du Golfe, ce qui est normal pour les questions économiques, et une langue française un peu sur la défensive.

Mon propos sera donc d’engager un débat avec vous en tant qu’ambassadeur d’un pays francophone qui essaie de promouvoir autant que possible notre langue et qui ne parle jamais en anglais sauf si nécessaire. Je vois ici pas mal de gens de la communication et j’aimerais m’adresser à eux : est-ce que cet effort qu’un ambassadeur francophone fait vaut encore la peine dans un pays tel que nous le vivons aujourd’hui ?

Avant d’ouvrir le débat, je vais parler un peu de mon pays et des conséquences de la globalisation sur la pratique du français en Suisse.

Entre 21 et 23% des Suisses parlent le français. C’est un pays plurilingue par excellence. La très grande partie du pays, plus des deux tiers, parle allemand, avec Zurich comme capitale économique. Le français est parlé dans la partie ouest autour de Genève et de Lausanne ; viennent ensuite l’italien, parlé au Sud, et le romanche.

Les relations entre les langues sont gouvernées par un principe très simple, celui de la territorialité, c’est-à-dire que si un Suisse allemand s’établit dans la partie française de la Suisse, il mettra ses enfants dans une école de langue française, ses relations avec l’administration ainsi que la communication se feront en français. Il en est de même pour un Suisse romand qui s’établit en Suisse allemande.

Les frontières entre les langues sont pour ainsi dire restées les mêmes depuis le Xe siècle environ à l’époque de la division entre les Burgondes, le royaume de Bourgogne, et les Alamans. Il y a eu quelques petits changements et quelques villes bilingues. Mais le mythe selon lequel tous les Suisses parlent trois langues n’est pas vrai. Les Suisses parlent leur langue, apprennent la langue de l’autre, mais ceux qui sont parfaitement bilingues ou trilingues sont assez rares.

La globalisation a beaucoup marqué mon pays. On est d’ailleurs considéré comme l’un des pays les plus globalisés du monde. La langue anglaise est de plus en plus présente et le français a tendance à perdre du terrain.

La principale conséquence de tout cela c’est que, de plus en plus, les Suisses communiquent entre eux en anglais. Dans le temps, on apprenait la langue de l’autre ; aujourd’hui dans la plupart des associations faîtières nationales, telles que le Conseil des Médecins ou le Conseil des Professeurs d’université, les gens ont tendance à parler anglais entre eux.

Il existe aussi un autre débat intéressant : quelle est la première langue étrangère qu’on apprend à l’école ? A Zurich par exemple, on a décidé que la première langue étrangère serait l’anglais et non pas le français. Il y a 26 systèmes d’éducation en Suisse ; chaque canton décide de la manière dont il organise son programme scolaire, notamment des langues parlées. En Suisse romande, on est plutôt d’avis que la première langue devrait être la langue de l’autre parce que c’est un moyen non seulement de communiquer mais de connaître l’autre. Les Suisses allemands, plus pragmatiques, pensent que la première langue doit être l’anglais.
On sent une perte d’influence même dans une ville comme Berne qui est notre capitale et où les familles bernoises parlaient français il y a à peine une génération. Désormais, ce n’est plus le cas.

Cela dit, le français en Suisse romande ne recule pas puisque c’est notre première langue. La langue en Suisse est très fortement un facteur d’identité, c’est-à-dire que les Suisses allemands par exemple ne parlent pas le bon allemand mais plutôt des dialectes suisses allemands. En Suisse romande le français est très fort. Donc, il n’y a aucun danger qu’un jour une de nos langues nationales disparaisse. Le seul danger, c’est que cette communication en allemand, en français, en italien laisse peu à peu la place à une communication généralisée en anglais. On le voit au niveau de la publicité. Il y a beaucoup d’entreprises actives dans tout le pays et il est plus facile pour elles de faire une seule publicité en langue anglaise comprise par tout le monde que d’en faire trois : en italien, en français et en allemand.

Au Liban, la situation est assez différente car le français et l’anglais sont des langues secondes pour la majorité des Libanais, la langue première, la langue maternelle, étant l’arabe. Le français est une langue d’éducation, de culture et il y a un lien très fort avec la France. Le français a beaucoup de sens dans ce pays mais il est de plus en plus menacé. En tout cas, l’anglais est devenu la langue de travail et remplace le français là même où il était utilisé comme langue principale il y a à peine 10 ou 15 ans, tel le cas de nombreuses banques et entreprises. La langue de la publicité est aussi devenue l’anglais, mis à part pour quelques-uns comme BHV, Bou Khalil et Aoun. Le comble de tout cela, c’est une grande publicité pour le beurre « Elle & Vire » en plein milieu d’Achrafieh : « The best butter in the world » !!

Au niveau de l’éducation, il est vrai qu’une grande partie des jeunes libanais va encore dans des écoles de langue française. Mais on sent que les parents ont de plus en plus tendance à pousser leurs enfants vers l’anglais en se demandant si cela a toujours un sens d’apprendre le français. Pour certains, cela a un sens car en commençant en français, on s’achemine automatiquement après vers l’anglais et on devient trilingue.

L’anglais est donc devenu la langue du travail, de l’éducation, des affaires, de la communication et même au niveau culturel où le français était pourtant bien présent. La plupart des organisations qui travaillent dans l’international ou dans le domaine arabe font leurs communiqués en arabe et en anglais.

La différence fondamentale entre la Suisse et le Liban, c’est qu’au Liban la langue française est une langue seconde. Chez nous, elle peut avoir perdu de l’importance au niveau national, mais à Genève on parlera toujours français. Au Liban, et c’est là que j’aimerais ouvrir le débat, on peut se demander si le français, qui est tellement ancré dans une partie de la population libanaise, va survivre à tout cela et prospérer. Est-ce qu’il y a un risque qu’un jour le Liban aille dans la même direction que l’Egypte, un pays où vivait, il y a une génération à peine, un nombre important de francophones, du moins chez les élites ? Est-ce que vous estimez que l’effort fait par un ambassadeur francophone pour défendre et essayer de promouvoir la langue française est important, nécessaire ? ou bien y a-t-il d’autres priorités plus essentielles ?

Au niveau de la communication en langue française, notamment la publicité, y a-t-il un moyen de votre part de soutenir ceux qui font encore de la publicité en français ? Pourquoi ne fait-on pas un concours de la publicité en français pour récompenser les quelques-uns qui le font encore ? Ce qui me frappe, c’est que tous les publicitaires libanais passent à l’anglais alors que la plupart d’entre eux est à 100% francophone.

Ma question finale sera : est-ce que c’est une fatalité, est-ce que cette prédominance, cette omniprésence de l’anglais a une influence sur la pratique du français ?

J’aime beaucoup le Liban et je m’adresse à vous en amoureux de la langue française.

Je vous laisse la parole.

 

vendredi 24 septembre 2010

lundi 1 mars 2010

« LE LIBAN ET L’ESPACE ECONOMIQUE EURO-MEDITERRANEE »

Session : Les Industries Culturelles
Intervention de Mme Mona Maki, productrice - audiovisuelle Espace Francophone
Tout d’abord, je voudrais remercier le Forum Francophone des Affaires qui me permet de m’exprimer devant vous. Je voudrais rendre hommage au Liban et aux Libanais qui aujourd’hui, dans le cadre des VIème Jeux de la Francophonie, accueillent l’avenir de la Francophonie. Voir mon pays après tant et tant d’épreuves revenir au devant de la scène et rejouer ce rôle spécifique au sein de la Francophonie me comble de joie et de fierté.

Je voudrais aussi vous parler de notre aventure, de l’aventure que je vis avec René Gallet depuis plus de 25 ans et qui n’est pas une industrie mais un artisanat passionnant, un artisanat culturel qui s’appelle Espace Francophone.

Au fil des ans, l’espace francophone a réussi à développer concrètement une démarche qui lui est propre. Au fil des ans, notre magazine a su triompher des obstacles pour impliquer les professionnels des chaînes de TV, notamment celles du Sud, dans la conception, le tournage et jusqu’au montage à Paris d’une émission consacrée à leur propre pays.

Au fil des ans, nous avons réussi à faire d’Espace Francophone l’outil des regards croisés des partenariats égalitaires et une fenêtre si rare des images du Sud sur les écrans du Nord.
Au fil des ans, Espace Francophone est devenu un véritable réseau mondial soudé par une langue partagée et fondé sur une vision égalitaire et solidaire de la coopération.

Malgré les moyens dérisoires comparés aux coûts parfois insolents dans l’univers de la production audiovisuelle, Espace Francophone a su prouver que la stratégie de levier est considérable pour assurer à la fois le dialogue et la qualité.

Aujourd’hui Espace Francophone est diffusé sur un grand nombre de chaînes. Il est devenu un rendez vous hebdomadaire fidélisé par des milliers de téléspectateurs sur tous les continents. Un rendez vous avec les gens, les entrepreneurs, les créateurs de la Francophonie. C’est un miroir qui permet de faire rayonner les mille facettes des traditions, des cultures, des œuvres et des spectacles de notre communauté planétaire, d’entrer dans l’intimité de la vie quotidienne des francophones et de connaitre leurs aspirations, leurs luttes, leurs espoirs.

Même si je suis d’accord avec les gardes fous qu’il faut trouver, l’avènement d’internet et la révolution numérique ouvrent de nouveaux horizons. Ils ont vocation d’abolir la hiérarchie discriminatoire que le centre exerce depuis longtemps sur la périphérie.

Malgré une fracture informatique Nord-Sud encore trop importante, il devient pratiquement envisageable d’échanger le produit culturel et de dynamiser un dialogue si malmené, d’espérer voir les espaces de connaissance se réduire et de par là même favoriser la reconnaissance mutuelle. En cela Espace Francophone est déjà largement positionné dans cette nouvelle aire d’échange et de culture.

Et maintenant en tant que Libanaise, je voudrais vous parler de ma vision de la Méditerranée dans cet espace francophone.

La Méditerranée n’est pas le Vieux continent, c’est notre premier monde, la matrice de notre histoire.

C’est une géographie vivante aux frontières mouvantes et dont les richesses sont l’objet de toutes les convoitises et de toutes les hégémonies.

La Méditerranée est un espace presque clos où se pose avec acuité le problème du clivage Nord-Sud, qu’il s’agisse des écarts croissants de développement, de la connaissance de l’autre, ou des flux d’information presque exclusivement dirigés du nord vers le sud.

Avant l’intégration marchande il est urgent de réussir l’intégration des valeurs et d’œuvrer pour une meilleure connaissance mutuelle où l’information a un rôle majeur à jouer.

La Francophonie, présente tout autour du bassin méditerranéen et fondée sur le respect de la diversité et des identités culturelles des peuples qui la composent ; la Francophonie, adossée aux nouvelles technologies du savoir et de la communication, s’impose comme un acteur majeur pour favoriser cette intégration et faire de la Méditerranée un espace d’échanges culturels et économiques, un espace de paix et de dialogue des cultures.